J'étais comme toi. Aujourd'hui, je suis là.
Quinze ans de toxicomanie. Le manque, l'argent, la honte, la famille que j'ai blessée. Dans cette vidéo, je raconte tout — pas pour te faire la morale, mais pour que tu te reconnaisses peut-être.
Genève, Suisse
Témoignage de Pascal Frossard · Genève, Suisse
Tu te reconnais peut-être
Tout ce que tu gardes au fond
Avant la drogue, j'avais déjà tout rangé au fond de moi. Une famille où on ne parlait de rien. Des années de silence. Si tu as l'impression de porter quelque chose que personne ne voit — tu n'es pas le seul.
La première fois — quand tout s'arrête
À 30 ans, j'ai goûté pour la première fois. Pendant un moment, la douleur s'est éteinte. C'était comme poser trente ans de souffrance à côté de moi. Tu connais peut-être ce soulagement — et tu sais qu'après, le vide revient plus fort.
Chaque jour, la même guerre
Trouver l'argent. Très cher. Le dealer ne fait plus crédit. Tu mens, tu disparais, tu fais des choses impensables. Moi j'ai oublié mes enfants. La drogue devenait le maître — et moi, je ne me reconnaissais plus.
Quinze ans à te dire « demain »
Chaque jour, tu te promets d'arrêter. Demain. La semaine prochaine. Mais le manque est plus fort que la promesse. Quinze ans comme ça, pour moi. Si tu es dans cette boucle — je sais exactement ce que c'est.
Le jour où quelqu'un t'aime assez pour te poser la question
Ma fille de quatre ans m'a demandé pourquoi je prenais des médicaments. Je n'ai pas su répondre. Ce n'était pas la honte qui m'a arrêté — c'était de voir ce que je faisais à quelqu'un qui comptait sur moi.
Repartir — c'est possible, mais pas seul
Deux ans de désintoxication. Quitter mon village. Couper avec tout mon ancien monde. Reconstruire une vie sans drogue, sans substitution. Très dur — mais possible. Si tu en es là, ou si tu y penses : tu n'as pas à le faire seul.
« Je connais ce que tu traverses. Et je sais qu'on peut s'en sortir — mais pas en restant seul. »
Tu n'es pas seul
Si tu consommes — ou si tu sens que ça commence à te dépasser — tu es au bon endroit. Moi, c'est Pascal. Quinze ans de toxicomanie. Je connais le manque, la honte, l'argent qui disparaît, les mensonges, la famille qu'on évite. Je ne suis pas un psy, pas un bot. C'est moi qui lis ton message et qui te rappelle.
Mon histoire — peut-être la tienne aussi
J'avais trente ans. Toute ma vie, j'avais tout gardé au fond de moi — dans une famille où on ne parlait de rien. Un jour, j'ai goûté. Et pendant un moment, j'ai enfin posé trente ans de douleur à côté de moi. J'ai cru que c'était la solution.
La première fois
L'effet était violent. Pour la première fois, je ne sentais plus rien — ni la colère, ni le vide, ni ce poids que je traînais depuis l'enfance. Tu connais peut-être ce sentiment : comme si quelqu'un enlevait enfin la douleur.
Quand ça devient le maître
Chaque matin, la première pensée c'était la dose. Trouver l'argent — très cher. Le dealer sympa du début ne fait plus crédit. Tu vends, tu mens, tu disparais de la vie des tiens. Moi j'ai oublié mes enfants. Je ne pouvais plus travailler. La drogue commandait tout.
Quinze ans comme ça
Quinze ans de cette guerre quotidienne. Tu te dis que tu arrêteras demain, la semaine prochaine, quand les choses iront mieux. Mais demain, c'est encore le manque. Et le manque, tu le connais — c'est plus fort que n'importe quelle promesse que tu te fais.
La question qui m'a arrêté
En prison, ma fille de quatre ans m'a demandé pourquoi je prenais des médicaments. Je n'ai pas su répondre. Ce jour-là, quelque chose a craqué. Pas parce que j'avais honte — parce que j'ai vu ce que je faisais à quelqu'un qui m'aimait.
Sortir — vraiment sortir
Je suis parti deux ans en désintoxication au Tessin. Aujourd'hui, j'ai complètement arrêté, sans substitution. Mais j'ai dû quitter mon village, couper avec tout mon ancien monde, et reconstruire une vie avec des gens qui n'ont rien à voir avec la drogue. C'était dur. C'était possible.
Tu connais peut-être déjà ça
La drogue d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce qu'on raconte. Elle est partout — écoles, chantiers, milieux aisés ou modestes. Si tu te reconnais dans ce que je décris, ce n'est pas parce que tu es faible. C'est parce que le piège est conçu pour ça.
Presque rien, au début
Une dose à fumer : 5 à 10 francs. Parfois offerte. Tu crois que tu maîtrises, que c'est juste pour ce soir. Le dealer, lui, sait déjà qu'il a un futur client.
Cinq minutes de paix
L'effet est très fort — mais il ne dure que quelques minutes. Après, le vide revient, plus grand. Et tu as besoin de la suivante. C'est là que la spirale commence, même si tu ne le vois pas encore.
Tout pour la dose
Tu vends ce que tu as. Tu mens à ceux qui t'aiment. Tu fais des choses que tu n'aurais jamais imaginées. Ce n'est pas toi qui es mauvais — c'est la drogue qui prend le contrôle. Mais plus tu attends, plus c'est dur de s'en sortir.
Ce n'est pas que la drogue
La plupart d'entre nous ne prennent pas pour le fun. On anesthésie quelque chose — un vide, une colère qu'on n'a jamais pu dire, une enfance où personne n'écoutait vraiment. Moi, c'était l'héroïne : une morphine pour ne plus rien sentir, le temps d'une injection. Si tu te reconnais là-dedans, tu n'es pas seul. Et ce n'est pas une faiblesse — c'est un signal.
Comprendre pourquoi tu prends, c'est déjà un premier pas. Je peux t'en parler quand tu m'écris.
S'en sortir — ce que personne ne te dit
Arrêter, ce n'est pas juste « ne plus prendre ». Si tu y penses, ou si tu as déjà essayé, tu sais que cinq jours ne suffisent pas — à peine le temps que le corps évacue. Les envies reviennent pendant des mois. Il faut se protéger.
Couper les fils au début
Le portable avec les numéros de dealers. Les réseaux. Les anciens lieux. Au début, il faut se concentrer sur soi — pas sur le monde extérieur. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est de la survie.
Ne pas y aller seul
Un professionnel, ou quelqu'un en qui tu as vraiment confiance — même si tu penses que ta situation « n'est pas si grave ». Moi, j'ai attendu quinze ans. Ne fais pas pareil.
Reconstruire ailleurs
Parfois il faut quitter son environnement. Changer de ville, de visages, de habitudes. C'est difficile — mais je suis la preuve que c'est possible.
Si tu veux en parler — pour toi ou pour comprendre ce que vit quelqu'un que tu aimes — écris-moi. Je te rappelle.
C'est moi qui te réponds. Pas une machine.
Quand tu m'écris, c'est Pascal Frossard en personne qui lit ton message et qui te rappelle. J'ai vécu quinze ans dans la drogue et je m'en suis sorti. Aujourd'hui, je propose mon écoute gratuitement — parce que quelqu'un l'a fait pour moi, et que ça a changé ma vie.
Si tu es un proche qui lit ça
Tu t'inquiètes pour quelqu'un ? Agir, ce n'est pas le trahir — c'est lui tendre la main. Écris-moi : avec les mots de quelqu'un qui est passé par là, je peux peut-être l'aider à comprendre ce qui l'attend s'il continue, ou comment l'accompagner s'il veut s'en sortir.
Il n'y a pas de « petit » ou de « gros » problème. Dès le doute, il faut en parler.
« Je connais le manque. Je connais la honte. Et je sais qu'on peut s'en sortir. »
« Tu ne prends pas par plaisir — tu anesthésies quelque chose. C'est compréhensible. »
« Cinq jours ne suffisent pas. Se protéger au début, c'est pas de la faiblesse. »
« Plus tu attends, plus c'est dur. Mais il n'est jamais trop tard pour écrire. »
Son parcours, étape par étape
Si tu te reconnais dans une de ces étapes — même une seule — tu n'es pas seul.
Tout ce que tu gardes au fond
Avant la drogue, j'avais déjà tout rangé au fond de moi. Une famille où on ne parlait de rien. Des années de silence. Si tu as l'impression de porter quelque chose que personne ne voit — tu n'es pas le seul.
La première fois — quand tout s'arrête
À 30 ans, j'ai goûté pour la première fois. Pendant un moment, la douleur s'est éteinte. C'était comme poser trente ans de souffrance à côté de moi. Tu connais peut-être ce soulagement — et tu sais qu'après, le vide revient plus fort.
Chaque jour, la même guerre
Trouver l'argent. Très cher. Le dealer ne fait plus crédit. Tu mens, tu disparais, tu fais des choses impensables. Moi j'ai oublié mes enfants. La drogue devenait le maître — et moi, je ne me reconnaissais plus.
Quinze ans à te dire « demain »
Chaque jour, tu te promets d'arrêter. Demain. La semaine prochaine. Mais le manque est plus fort que la promesse. Quinze ans comme ça, pour moi. Si tu es dans cette boucle — je sais exactement ce que c'est.
Le jour où quelqu'un t'aime assez pour te poser la question
Ma fille de quatre ans m'a demandé pourquoi je prenais des médicaments. Je n'ai pas su répondre. Ce n'était pas la honte qui m'a arrêté — c'était de voir ce que je faisais à quelqu'un qui comptait sur moi.
Repartir — c'est possible, mais pas seul
Deux ans de désintoxication. Quitter mon village. Couper avec tout mon ancien monde. Reconstruire une vie sans drogue, sans substitution. Très dur — mais possible. Si tu en es là, ou si tu y penses : tu n'as pas à le faire seul.
Tu te reconnais ?
Écris à Pascal Frossard. Il te rappelle — sans jugement, avec les mots de quelqu'un qui est passé par là.
Écrire à Pascal